Ce 26 janvier 2017 nous avons eu la chance d’interviewer Hippocampe Fou, un rappeur Français . Il est accompagné sur scène de son acolyte Céo. Cette rencontre a eu lieu dans le cadre de l’opération Chroniques Lycéennes à laquelle les Sound Reporters participe cette année. Hippocampe Fou fait partie de la sélection 2016/2017 et le Camji est également partenaire de l’opération cette année. 

Plus d’infos sur les Chroniques Lycéennes : http://www.chroniqueslyceennes.fr/

Sound Reporters : Pourquoi trouve-t-on des dessins sur vos pochettes ?

Hippocampe Fou ne voulait pas montrer son visage afin de mettre en avant sa musicalité, son univers aquatique et céleste et d’inviter les gens à y rentrer. C’est d’ailleurs Céo qui a mis en page le travail de Denis Dubois sur l’album Aquatrip.

Sound Reporters : Quel message voulez-vous transmettre à travers le titre « Chasse aux sorcières » ?

Son but est de créer une remise en question sur la religion, les sujets tabous comme l’avortement, l’abandon d’enfants mal-formés… « C’est un peu donner la parole aux gens qui sont croyants à travers la voix de l’inquisiteur, en essayant finalement de ne pas trop prendre part». Cela lui permettait de mettre cette histoire dans le contexte de la renaissance pour parler de quelque chose qui est encore actuel et qui pose toujours problème. Ce morceau a été écrit un peu avant les attentats de Charlie Hebdo et le mot obscurantisme qui a été beaucoup employé par les journalistes est présent dans ce texte.

Sound Reporters : Que représente le lama pour vous ?

C’est un animal «WTF» comme l’hippocampe par exemple, c’est un animal qui ressemble à quelque chose de noble mais qui a été tourné en dérision, qui est surprenant. Il nous explique que tout est partie d’un délire avec un ami, « Lolo », qui a fait graffer un lama dans son appartement. Puis c’est devenu une mascotte. Un jour, il est tombé sur une vidéo avec un lama qui prenait le tramway à Bordeaux et qu’ensuite il a écrit sur cet animal. 

Sound Reporters : Connaissez-vous Keurspi qui ouvre la scène pour vous ce soir ? 

Il connait seulement de nom, il connaît également Beasty, le beatboxer du projet. Ils se sont rencontré à l’époque ou Hippocampe Fou s’est essayé à cette discipline avant de laisser tomber, la concurrence étant très rude dans ce domaine ! Il a également vu leur passage sur France 3 et a beaucoup aimé leur univers mêlant rap et beat box. 

Sound Reporters : Qu’aimeriez-vous transmettre au public lors de vos concerts ?

Son but premier est le divertissement, les souvenirs laissés au public, des images marquantes mais aussi un moment convivial et unique. La mise en scène et la lumière, gérée par Damien ont pour objectif de marquer les esprits. Céo amène aussi beaucoup d’énergie et de musicalité. «Le but est que ce soit interactif, participatif, chaleureux mais qu’il y ait aussi des moments de pure mise en scène ou le spectateur arrête tout et regarde».

Sound Reporters : Comment s’est formé le projet « La secte Phonétik » et que sont devenus ses membres ?

Le groupe n’existe plus. Hippocampe Fou en a fait partie de 2007 à 2011. Il avait envie de travailler sur l’univers du fantastique et de l’imaginaire. Les autres membres, plus engagés que lui se sont beaucoup plus impliqués. Mais ils ont vite compris qu’ils devaient sans cesse faire des compromis et c’est devenu compliqué pour l’écriture notamment. C’est là qu’Hippocampe Fou a choisi de développer son propre univers.  

Sound Reporters : Votre meilleur souvenir de tournée ?

Les fou-rires dans l’équipe, tout ce qui se passe en off. Les Francofolies aussi à La Rochelle, avec un public très réceptif. La Cigale en présence de leur famille, la Fête de l’Humanité également. Certains « bad trip » sont également devenus de bons souvenirs.

Sound Reporters : Si ce soir était votre tout dernier concert, que voudriez-vous dire à votre public ?

«I’ll be back!». Quitter la musique ne lui fait pas peur, car Hippocampe Fou se lancerait probablement dans une autre aventure, le cinéma. L’image le fascine depuis des années et du moment qu’il peut utiliser sa créativité, quelque soit le domaine artistique, cela lui convient. Il a toujours aimé se servir de l’aspect visuel. Il se verrait bien réalisateur. 

Sound Reporters : Pourquoi avoir choisi de tourner le clip de « Presque rien » dans une maison de retraite ?

L’idée était de faire un contrepied par rapport au morceau. Le titre est très enfantin, monde des Bisounours ou des jeux vidéo. Alors filmer dans une maison de retraite permettait de créer un contraste intéressant. «Le but était à la fois de nous ridiculiser mais aussi de voir l’enfant qui sommeillait dans toute ces personnes âgées». Hippocampe Fou voulait à l’origine créer une ambiance glauque en montrant les appareils respiratoires, une personne âgées dépendante que l’on change avant de se rendre compte que c’était un peu « too much« . Ils se sont rendus dans une vraie structure, avec beaucoup de respect et d’humilité et ont été agréablement surpris par l’accueil et la réaction des pensionnaires, contents et heureux de participer au tournage. Un peu trop même puisque l’idée de départ était de filmer l’ennui, la tristesse. 

Sound Reporters : Quel son/bruit/musique illumine vos journées ?

Sans hésitation il nous répond le rire de ses enfants, mais il nous a aussi beaucoup étonné en poursuivant en nous disant « le but de la vie pour moi c’est rire et jouir », ou bien manger qui est une jouissance gustative.

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Interview réalisée par l’ensemble des Sound Reporters, rédigée par Margaux. Photo réalisée par Enki.

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