Peter Harper, artiste américain de folk rock, issu d’une famille de musiciens (frère de Ben Harper) a bien voulu nous accorder quelques minutes malgré son extinction de voix. Une interview pleine de gentillesse et de bienveillance pour la première date de l’année 2017, le 11 janvier dernier. 

Peter Harper, lorsqu’il était petit garçon, pensait être docteur, un « bon métier qui rapporte de l’argent ». Finalement, suite aux conseils de son grand-père, il décide de faire ce qu’il aime sans se soucier de l’argent que cela peut rapporter.

Dans son dernier album figure le morceau Mr President, qui critique les idées du nouveau président, Donald Trump : « Nous avons élu un homme pour être le leader de ce que nous appelons « la nation libre » et il semble être un horrible être humain ». Il nous explique que ses idées, rappelant aux américains l’histoire des Etats-Unis, fondée sur l’esclavage et la discrimination, sont à l’opposé de ce en quoi il croit et il est inquiet de l’instabilité de ce pays qui, en plus d’être le sien, est une puissance majeure dans le monde.

Peter pense tout de même qu’il faut laisser sa chance au nouveau président et espère que ce ne sera pas aussi terrible que l’on peut l’imaginer et que dans deux ans, nous pourrons rire de tout cela.

Quand il pense à chaque personne, belle et aimante qu’il a rencontré en tournée tout autour du monde, il se rappelle qu’il reste de l’espoir et que selon lui, les gens en général veulent la paix, pouvoir manger et boire, avoir un toit au dessus de leur tête avant tout. Mais quand on retire tout à un homme, il ne lui reste que le désespoir et le désespoir mène à la violence. De la même façon, si l’on donne trop à quelqu’un, il devient cupide et la cupidité mène également à la violence. Il faut trouver un « terrain d’entente » et si nous pouvons le trouver, « le monde sera un endroit fabuleux ».

Un an après l’attentat du Bataclan qui l’a beaucoup affecté et qui a inspiré la création de son album, il a le sentiment d’un grand désespoir encore très présent. Il espère que la bonté prendra le dessus et nous poussera à communiquer, travailler ensemble, ne pas attaquer son prochain sur les réseaux sociaux. Il comprend difficilement qu’on puisse passer autant de temps à tweeter des horreurs ou critiquer les autres sur Facebook, bien au chaud chez soi, alors que ces mêmes personnes, communément appelées « haters » seraient bien incapable de faire de même dans la réalité. Il lui semble urgent que l’on réapprenne à communiquer.

Après quelques dates en France, Peter Harper nous dit qu’il trouve le public français si aimant, si généreux, qu’il adore y jouer, peut importe le lieu, que ce soit dans le métro ou sur le banc d’un parc. Toutes les scènes où il a joué tel que la La Luna Negra à Bayonne, ces petits lieux de 100 places lui ont beaucoup plu. Il aimerait prendre tous ses fans des USA et les ramener en France.

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Le son qui illumine sa journée est sans aucun doute celui de l’eau sous toutes ses formes. « Le bruit de la mer qui heurte le rivage puis se retire, le son des ruisseaux, des cascades… ».

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Interview réalisée par Loïs
Photo réalisée par Enki

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