Le 16 février, Ropoporose ouvrait la soirée en première partie de GaBLé. Rencontre avec un duo frais et solaire ! 

Sound Reporters : Votre groupe tourne plutôt bien, est-ce que ça a été difficile de concilier études et musique ?

Pauline : Oui ! J’ai raté pas mal de cours au lycée et puis j’ai fais 1 mois et demie à la fac, c’est compliqué. C’est soit l’un soit l’autre. C’est pas facile du tout lorsque l’on veut faire uniquement de la musique dans sa vie parce que généralement les administrations scolaires ne sont pas du tout conciliantes ni facilitatrices ! Par exemple je n’ai pas pu obtenir le statut de RSE, le Régime Spécial d’Études, même en leur montrant mes fiches de paies à cause de la fréquence de mes absences, du coup j’ai dû arrêter parce que je pouvais pas du tout y aller…

Romain : J’ai pu finir mes 5 ans d’études jusqu’à ce que le groupe commence à prendre un peu plus de place, pour moi c’était plus cohérent parce que j’avais eu le temps de me diplômer comme un grand et de me dire que je faisais plus que de la musique. On a atteint un palier où Pauline est entrée en fac quand moi j’en sortais et finalement elle en est sortie pas longtemps après moi ! On s’est rendu compte qu’on avait la chance de pouvoir faire uniquement de la musique, on a essayé et ça a fonctionné, ce qui est plutôt chouette.

Sound Reporters : Ce soir c’est l’avant-première de votre second album « Kernel, Foreign Moon », êtes-vous angoissés par la sortie de ce nouvel album ?

Ropoporose : Pas tant angoissés par le fait de le sortir que de le jouer bien sur scène, comme ça fait 6 mois qu’on a pas fait de live, ce qui paraît peu en soi. Ces 2 dernières années on a fait beaucoup de concerts, c’était donc une pause assez longue mais nécessaire. Du coup ce soir c’est la première fois que l’on rejoue, forcément il y a pleins de nouveaux morceaux, l’album est enregistré, il va sortir, en soi il n’est déjà plus à nous, il est au public, donné à l’écoute des gens. C’est vraiment bien de pouvoir le jouer sur scène, c’est un peu stressant mais surtout très excitant !

Sound Reporters : La peinture figurant sur la pochette d’Elephant Love est assez anguleuse, contrairement à votre musique. Pourquoi cette opposition ?

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Pauline : Moi je trouve ça surtout naïf, plus que stricte ou anguleux… Et je l’aime pour ça, parce qu’elle me rappelle les morceaux naïfs qu’on a pu composer dans le premier album. J’aime ce côté enfantin et en même temps un peu effrayant et étrange.

Romain : C’est vrai qu’elle peut sembler cassante dans ses formes, mais on trouvait qu’il y avait une analogie avec notre musique, dans le sens où elle tourne beaucoup, elle est épisodique, elle change souvent d’intention ou d’ambiance. On a choisi cette pochette pour son esthétisme, plutôt que pour son lien avec notre musique.  C’était assez représentatif de notre premier album, de notre jeunesse, ça marquait cette sorte d’ambivalence entre l’enfance, la naïveté et le côté effrayant.

Sound Reporters : De la même manière, la couverture de votre dernier album peut paraître assez froide. A-t-elle une signification particulière ?

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Pauline : On a demandé à une amie à moi, IZYPT qui est aux Beaux Arts de Caen, de faire quelque chose pour la couverture de l’album. Romain voulait de la peinture, moi je voulais une photo du coup on a mélangé les deux et il s’avère qu’on nous a dit qu’elle était un peu triste. Je vois aussi l’objet dans son intégralité, avec ses côtés et l’arrière du disque qui est plus coloré, la tranche est orange, pour moi il correspond à l’aspect qu’on a voulu donner à notre musique. Même si la couverture peut sembler un peu froide par l’utilisation du noir et blanc. J’aime le mélange avec la couleur et le mouvement que cela créé.

Romain : On a eu cette proposition que l’on a accepté parce qu’on la trouvait belle, tout simplement. IZYPT a écouté notre musique et pour elle c’était un peu sa définition graphique, picturale de notre musique. En partant de ça on a respecté sa vision artistique sans lui demander autre chose.

Sound Reporters : Qu’avez-vous voulu exprimer dans le clip « Consolation » ?

Pauline : Pour ce clip, on n’a pas pensé à un scénario, c’est Margaux Chetteau, une illustratrice BD, qui nous a proposé de faire un clip pour une de nos chansons, on lui a laissé le choix de la chanson, c’était un peu ardu à réaliser en animation car c’est une des plus longues, et elle a réussi à le faire et j’aime beaucoup le résultat, je trouve ça hyper beau, c’est sa vision de la chanson. Elle nous a dit : « J’ai une idée, ça parlerait d’une fille qui fait des cauchemars… », elle nous a envoyé des storyboards et ça nous a beaucoup plu !

Romain : C’était intéressant parce que du coup ce n’était pas notre vision, c’est ce qu’elle a vu dans notre chanson, ce qui est très enrichissant pour nous aussi.

Sound Reporters : Quel festival aimeriez-vous faire ?

Pauline : Celui qui regrouperait tous les groupes que je voudrais voir sur scène !

Romain : J’aimerai bien aller au Primavera à Porto ou à Barcelone, un gigantesque festival où il y a pleins de groupes qui ne passent pratiquement que là-bas, et puis c’est au soleil, en été !

Sound Reporters : Un album qui vous a marqué en 2016 ?

Romain : Le dernier album de Benjamin Biolay, c’est mon p’tit coup de cœur ! Mais il y en a eu pleins pleins pleins !

Sound Reporters : Quel son illumine votre journée ?

Romain : Aujourd’hui, le son du moteur de notre voiture ! Ou les p’tits oiseaux qui recommencent à gazouiller.

Pauline : Le son de la vitre de la voiture qui se baisse, c’est énorme et hyper drôle ! Ca l’a bien fait marrer aujourd’hui !

Romain : Ou les p’tits oiseaux qui recommencent à gazouiller.

Interview réalisée par Loïs.

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