Plus rien n’arrête Lysistrata ! Après la victoire du prix Ricard S.A Live Music, ils viennent de remporter le Prix du Jury des Inouïs du Printemps de Bourges ! On a pas fini d’entendre parler de ses trois jeunes rockeurs originaires de Saintes à qui tout réussi. On revient sur leur venue à Niort le 18 mars dernier dans le cadre du Festival Nouvelle(s) Scène(s) ! 

Sound Reporters : Votre victoire pour le prix Ricard S.A Live Music vous permet d’enregistrer un EP, va-t-il compléter les enregistrements que vous avez entamé cet été ? 

Lysistrata : Ce sont deux projets complètement différents ! On a fini les enregistrements avec Ricard il y a 1 mois et on a travaillé avec Stuck in the Sound parallèlement.

Sound Reporters : Sur vos derniers morceaux figurent beaucoup plus de textes qu’auparavant, pourquoi cette volonté d’ajouter des paroles à vos intrus ?

Lysistrata : Quand le projet a démarré, on était vraiment dans une démarche purement instrumentale, puis notre entourage nous a incité à ajouter davantage de paroles, du coup on utilise le « parler-chanter », on rajoute du chant dans les refrains quand la musique s’y prête, comme dans « A Silent« , bien qu’il y avait déjà un peu de textes dans Asylum.

Sound Reporters : Pouvez-vous nous parler de l’album prévu pour 2017/2018 ?

Lysistrata : On a plusieurs projets en préparation comme un EP qui sortira le 30 mai, une collaboration avec La Jungle et notre premier album, prévu à l’automne prochain, mais on n’a pas commencé les enregistrements, on est encore en train d’écrire les morceaux, on ne se met pas la pression !

Sound Reporters : Voudriez-vous intégrer un label ou préférez-vous rester indépendants ?

Lysistrata : C’est pas encore fait mais on est en train de signer avec un label indé de Bordeaux !

Sound Reporters : Vous n’avez pas peur que cela influence vos choix sur la composition des morceaux ?

Lysistrata : C’est vraiment une relation de confiance, du coup ils nous conseillent quand même des trucs mais ils ne nous imposent rien, on reste libre dans ce qu’on fait. Et puis c’est un label qui travaille avec des groupes pour lesquels il y a un véritable coup de coeur !

IMG_4565

Sound Reporters : Vous avez récemment tourné votre premier clip, y en a t-il d’autres à venir ?

Lysistrata : On est en train de finaliser un clip en dessin animé qui sortira le 30 mai sur le titre Small Box mais on ne va pas vous dire à quoi il ressemble, c’est encore un secret !

Sound Reporters : Comptez-vous utiliser plus de moyens ou garder le côté assez simple d’Asylum ?

Lysistrata : En fait c’est pas vraiment une question de moyens, c’est qu’on aime bien le côté « Do It Yourself » qu’on a utilisé pour Asylum, on est pas intéressés par le fait de bosser avec de grosses boîtes, on préfère s’en occuper nous même.

Sound Reporters : Entre les Trans Musicales, le prix Ricard, les Inouïs du Printemps de Bourges, bientôt Garorock et les Francos, vous rencontrez en ce moment une ascension fulgurante. Est-ce quelque chose de difficile à assumer aussi vite ?

Lysistrata : Au début ça c’est fait progressivement, mais depuis qu’on a notre booker, Jerkov, on a enchaîné plein de dates en 1 an, c’est allé très vite mais on se laisse porter, sans se mettre la pression par rapport aux grosses dates. Ce qui nous intéresse, c’est de faire le plus de lives possibles, alors c’est cool mais notre état d’esprit ne change pas !

Sound Reporters : Vous revenez justement d’une tournée en Espagne, l’accueil du public y a t-il été aussi chaleureux qu’en France ?

Lysistrata : L’ambiance change beaucoup en fonction des pays, on a fait des tournées en Italie, en Belgique et en Espagne et la culture est à chaque fois différente. En Espagne, on a beaucoup joué dans des petits lieux  à l’écart de la ville, des vieux endroits réaménagés en salles de concerts mais ils ont une vraie culture de la fête là-bas, alors ça bougeait bien, il y a toujours une bonne ambiance. Pareil en Belgique, le public est toujours à fond ! On a joué sur une péniche devant 10-15 personnes mais c’était de la folie !

Sound Reporters : La «visibilité maximum» que vous assure le Prix Ricard vous fait-elle peur ?

Lysistrata : Ricard nous permet de faire plein de choses super cool, les gens sont très sympas, on a toujours notre mot à dire, on peut gérer médiatiquement et temporiser sur les dates. On a pas envie d’aller trop vite, on préfère que ça se fasse dans une certaine continuité, à notre rythme, on reste sur notre vitesse de croisière même si elle est assez élevée. C’est assez impressionnant c’est vrai !

Sound Reporters : Vous êtes très jeunes et rencontrez déjà beaucoup de succès. A-t-il été difficile d’arrêter vos études si tôt ?

Lysistrata : Max a réussi à finir son BTS en commerce de vin, mais à un moment il a fallu faire un choix entre les cours et les concerts, on avait trop de dates pour être suffisamment assidus, ça posait pas mal de problèmes avec les profs qui n’étaient pas trop favorables. Il a fallu qu’on discute pas mal avec nos parents et qu’on prenne des décisions. Ben et Théo ont quand même pu faire une année de fac.

Sound Reporters : Quelle a été la réaction de vos parents ?

Lysistrata : On s’est réunis avec eux et on a parlé du fait d’être intermittents du spectacle et ce que ça signifie, parce que ce n’est pas évident pour tout le monde. De toute façon, ils l’on vu venir, ils ont vu que ça prenait de l’ampleur, alors on en discuté. Quand notre booker est arrivé, il leur a expliqué qu’il allait nous trouver des dates, et comme c’est quelqu’un du métier, nos parents l’ont tout de suite pris au sérieux.

Sound Reporters : Pensez-vous reprendre vos études plus tard ?

Lysistrata : Pas pour l’instant en tout cas ! On est épanouis maintenant dans ce que l’on fait, ce qui n’était pas forcément le cas en cours. Plus de devoirs scolaires, mais beaucoup de répétitions !

Sound Reporters : Aujourd’hui, vivez-vous de votre musique ?

Lysistrata : Pas encore, c’est une année de latence, de transition, pour obtenir notre intermittence. Nos seuls revenus pour l’instant sont les concerts que l’on fait. Quand  on sera intermittents, on aura un salaire fixe en fonction du nombre de dates réalisées, ce sera plus confortable. De toute façon on vit encore chez nos parents pour l’instant, on n’est pas souvent chez nous, on est soit au studio, en train de tourner un clip ou en concert.

Sound Reporters : Comment se fait-il que vos titres, à part Asylum, ne soient plus disponibles sur Deezer ?

Lysistrata : Ah ! Alors… Tout le monde a du remarquer ça ! On trouvait que cet ancien EP ne nous ressemblait plus, on était pas satisfait de son aspect. Quand on écoute nos anciens morceaux on se dit « comment les gens peuvent aimer ça ?!», on ne referait plus ça comme ça aujourd’hui ! Du coup on a supprimé Bicycle Holiday des plateformes de streaming pour repartir sur une base neuve, bien qu’il soit toujours disponible sur Bandcamp. Après on reprend quand même certains morceaux comme Pierre Feuille Ciseaux qu’on remixe pour les jouer en live et certains seront sur les prochains EPs, on les modifie tout en gardant leurs noms. Il y a toujours quelques fans déçus qu’on ne joue pas nos anciens morceaux tels quels, on veut jouer désormais des choses qui nous correspondent vraiment, ou bien leur donner un nouvel aspect.

Interview réalisée par Loïs, Charlotte, Vincent & Mélanie – Photo : Margaux & Lorena

Publicités