Le 05 avril dernier, le Camji accueillait son dernier concert jeune public de la saison, un spectacle de jazz manouche intitulé Escarmouche. Un conte musical en fait, sur la terre, le soleil, la lune, les cinq éléments, la vie en fait ! Nous y avons assisté, avant d’interroger les trois membres du groupes, musiciens lyonnais venus nous parler de leur rapport à la musique et à l’enfance. 

Sound Reporters : Comment vous est venue l’idée, l’envie de créer un spectacle à destination des enfants ?

Escarmouche : C’est une commande à la base, pour tout vous dire, on y avait pas pensé, on avait un spectacle tout public au départ, jusqu’au jour où le Festival « Jazz Dans Le Bocage » nous a demandé si l’on pouvait paramétrer notre spectacle pour les enfants.

Sound Reporters : Qu’est-ce que cela vous apporte, quel est le petit + de vos spectacles jeune public ?

Escarmouche : C’est le côté poétique, narratif. On se permet des trucs avec les enfants qu’on ne se permet pas avec les adultes, on ne se lâche pas de la même manière et c’est super intéressant. Les enfants ne réagissent pas du tout de la même façon que les grands !

Sound Reporters : Vous dirigez les lumières pendant le spectacle à l’aide de pédales, est-ce de l’improvisation ou bien est-ce réglé au millimètre près ?

Escarmouche : C’est réglé au millimètre près, pendant la musique il n’y a pas d’improvisation au niveau des lights mais dans le spectacle effectivement, ça nous permet d’avoir une certaine interaction, si jamais j’ai envie de solliciter un de mes deux partenaires, j’ai juste à dire son prénom et il s’allume, déjà en soi c’est un événement et à partir de là on peut rebondir !

Sound Reporters : Composez-vous vos musiques en pensant aux enfants ou adaptez-vous vos créations tout public aux plus jeunes ?

Escarmouche : On fait les deux, dans le sens où on ne joue pas exactement le même répertoire dans les deux spectacles, il y a des morceaux qui sont vraiment adaptés pour les petits, c’est à dire des petites mélodies toutes simples qui fonctionnent bien et qui ne sont pas dans le spectacle pour adultes. Mais il y a aussi des morceaux qui sont à la base destinés aux grands et que l’on retrouve dans la version jeune public.

Sound Reporters : Le décor semble participer d’une invitation au voyage, quels sont vos secrets pour faire voyager les enfants ?

Escarmouche : Les enfants voyagent d’eux mêmes, il suffit de les encourager en fait. Tu leur racontes une histoire, tu les laisses parler et tu rajoutes un tableau et ça y est, ils sont partis. Tu allumes une boule à facettes et ils font « wouah », ils sont déjà dans l’espace (rires).

Sound Reporters : Où aimeriez-vous les emmener en voyage ?

Escarmouche : Ailleurs que dans la télévision et avec autre chose qu’une musique très commerciale.

Sound Reporters : Plutôt escargot ou mouche ?

Escarmouche : L’un est mouche, l’autre est escargot et le troisième est plutôt escarmouche…

Sound Reporters : Un son, bruit ou musique qui illumine votre journée ?

Escarmouche : « Un gosse qui se marre » pour l’un, le second précise « le son des caisses de rangement ! Un concert d’Escarmouche commence toujours par ça, les caisses de 200 kg que l’on pose sur scène. Ensuite on joue le spectacle et puis on range tout à nouveau !« . Pour le troisième membre du groupe, c’est la voix d’Elis Regina, une des chanteuses brésiliennes les plus populaires des années 1960-1970.

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Interview réalisée par Théo et Enki – Photo : Cindy

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