Le 15 avril, le compositeur de reggae britannique Flox montait sur la scène du Camji. Rencontre…

Sound Reporters :  Dans une précédente interview, vous avez dit que « Message on a bottle » du groupe Police vous avait inspiré pour composer. Aujourd’hui, quelles musiques vous inspirent et vous incitent à poursuivre votre parcours de musicien ?

Flox : C’est difficile de répondre à cette question. La musique n’est pas forcement faite pour les artistes. Moi ce qui m’inspire, ce sont des choses très originales. J’écoute peu de reggae, et ce que j’écoute, c’est surtout des artistes comme Bob Marley et Burning Spear, qui ont lancé ce courant là. En ce moment, j’écoute tous les jours Radio Meuh et Radio Nova. Je pense que j’ai en moyenne un gros coup de cœur par an. L’année dernière c’était Flume. C’est un artiste qui m’a vraiment scotché ! Je trouve que c’est vraiment de la pop de qualité ! En général pour moi la pop est plus faite pour vendre… Little Dragon et Hiatus Kaiyote sont des groupes que j’aime aussi beaucoup. The street fait partie de mes sources d’inspiration, c’est un groupe anglais assez pointu. Les choses qui m’inspirent sont souvent très créatives et peu répandues.

Sound Reporters : Vous avez quitté l’Angleterre et vivez en France depuis longtemps. Vos textes sont en anglais. Avez-vous parfois du mal à vous approprier la langue française?

Flox : Je suis arrivé en France quand j’avais 11 ans, il y a bien longtemps maintenant, donc je maîtrise  parfaitement la langue française. Je fais encore quelques erreurs comme dire « les chaussettes secs » et ça ne me choque pas alors que ça devrait ! (rires) Je n’ai pas vraiment d’accent, donc quand je fais des fautes ça semble un peu débile  ! Mais c’est une langue que je parle. Je suis allé en Angleterre la semaine dernière et je maîtrise mieux le français que l’anglais maintenant.

Sound Reporters : Pensez vous un jour écrire en français?

Flox : J’essaie, mais en fait ce n’est pas une décision que d’écrire. J’écris ce que j’entends, et en anglais j’entends des mots qui vont bien ensemble, qui m’inspirent un son.  Je commence à entendre des mots en français qui, ensemble, font quelque chose de musical. Pour moi l’écriture c’est vraiment l’inspiration d’une langue qui te parle. Elle t’envoie des mots qui ont une bonne sonorité ou qui ont un sens.

Sound Reporters : Sur la pochette de l’album Homegrown, on peut voir un lion qui représente l’Angleterre et un coq représentant la France. Vous sentez-vous désormais chez vous en France , avez-vous le sentiment de vous être approprié la culture française ? A-t-elle autant d’importance pour vous que votre culture anglaise ?

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Flox : Oui! Ma mère est moitié-anglaise, moitié-française, donc, petit en Angleterre, j’avais déjà une bonne dose de culture française. Elle avait un restaurant français en Angleterre qui s’appelait « La cloche« ,  on mangeait du bœuf bourguignon , du coq-au-vin et beaucoup de plats français. On allait en France tous les ans. Je pense qu’aujourd’hui je suis beaucoup plus connecté à la culture française qu’à la culture anglaise qui évolue avec les années. En Angleterre, j’utilise des mots qu’on utilisait il y a 30 ans. Pour autant, je ne me sens pas plus anglais que français. Je n’ai pas d’attaches car j’ai déménagé pas mal de fois.

Sound Reporters : Si vous deviez vivre dans un autre pays que la France ou l’Angleterre, lequel choisiriez vous?

Flox : Ce n’est pas évident. Je pense qu’il faut beaucoup voyager pour trouver le lieu ouù l’on veut vraiment s’installer. J’ai ma fille en France, donc j’ai encore quelques années à passer ici. Je ne suis pas encore allé au Brésil mais c’est un pays qui m’attire énormément. J’ai vécu en Inde et cela m’a marqué, je ne me suis jamais senti aussi vivant que là-bas. Il y a une vibration particulière. Ici on a des vies très confortables mais on ne s’en rend pas forcément compte.

Sound Reporters : Quelle chanson vous représente le mieux ?

Flox : Je n’ai pas de réponse à cette question. Je crois que c’est une de mes chansons qui me représente le mieux. Il s’agit d’un titre de mon premier album Take my time. Ce morceau-là, parle du temps : « Take my time to express myself, take my time to accept myself »

Sound Reporters : Après 6 albums, ressentez-vous toujours un certain stress au moment de la sortie d’un album et de sa confrontation au public?

Flox : Non, je n’ai jamais senti ça, je n’ai jamais composé pour les autres. J’ai toujours composé pour moi et je suis toujours à la recherche d’une émotion qui me touche. Ce qui me fait beaucoup de bien quand je sors un album, c’est que le public me permet d’aimer à nouveau mes morceaux ! Au bout d’un certain temps, je ressens de la lassitude pour certains titres, à force des les avoir travaillé et retravaillé, écouté et réécoutés, je suis parfois écoeuré par ma propre musique. Mais c’est agréable de constater l’engouement du public à ce moment là pour des titres qui sont nouveau pour eux ! Ce qui plaît je crois, c’est que j’essaye de faire une musique qui dure dans le temps. En tout cas pas de stress, je laisse ça à mon tourneur et à mon label (rires) !

Sound Reporters : Quel son/bruit ou musique illumine votre journée?

Flox : Je crois que c’est les enfants. Entendre les enfants qui jouent, qui rient, qui sourient. Je suis tout a fait partant pour réveiller ces sons !

Interview réalisée par Nolwenn

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