Parce que le Camji n’est pas qu’un lieu de concert mais également un lieu d’accueil et d’accompagnement des musiciens, le 8 mars nous avons pu assister à l’un de leurs ateliers portant sur la préparation à l’enregistrement.

Pour cela nous sommes allés au studio d’enregistrement Du Guesclin, situé Place Chanzy créé il y a de cela 4 ans. Une petite dizaine de personnes, provenant de groupes amateurs ayant déjà fait quelques enregistrements avec leurs moyens, ou ne jouant que pour le plaisir, ont pu questionner les animateurs de cet atelier : Mathilde Dewulf, la médiatrice culturelle du Camji et Hugo Nicolet, technicien son, qui a aussi fait partie d’un groupe de métal, lui permettant de connaître à la fois l’approche du live et de l’enregistrement.

Concernant l’utilisation du clic (jouer au métronome), les animateurs nous expliquent que cela dépend du style de musique, il est plus adapté pour des styles tels que le métal car il apporte un côté froid au morceau mais peut « casser la fibre humaine » par son côté strict. Cependant il est conseillé de travailler en amont au clic car ça a l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur un tempo bien précis. En effet si chacun a son propre tempo quand il s’entraîne, les enregistrements ne seront pas égaux. Un bon compromis serait que seul le batteur joue au clic au début.

Concernant l’ordre d’enregistrement, il est possible d’enregistrer tous les instruments ensemble mais cela risque de couvrir les voix et il sera plus difficile de modifier l’enregistrement par la suite, ainsi la batterie est généralement enregistrée en premier.

De même, la méthode d’enregistrement peut varier, certains groupes enregistrent leurs morceaux en entier mais il est toujours possible de faire un très bon riff et de le copier 4 fois de suite mais, encore une fois, cela pourrait apporter un côté assez froid au morceau. La technique de prise, d’enregistrement va alors influencer sur l’ambiance du morceau.

Hugo Nicolet insiste sur la phase de pré-production, d’une ou deux journées durant lesquelles les morceaux sont enregistrés d’une façon claire dans un local adapté, mais sans se soucier particulièrement de la mise en place des micros et sans y ajouter par la suite des arrangements comme de la réverbération. Ainsi les musiciens peuvent voir s’ils sont bien en place, si leurs sons se mélangent bien, si leurs morceaux leur plaisent autrement qu’en live et s’ils s’harmonisent au sein d’un même album en le rendant cohérent. De plus, cet enregistrement « brouillon » donnera un ordre d’idée à le technicien son, qui pourra décider de quel micro utiliser, par exemple. Cette préparation fera également gagner du temps en studio au groupe, temps précieux au vu du tarif horaire des studios. Bien évidemment, la maîtrise de l’instrument et du morceau est primordiale pour la même raison.

L’enregistrement final devra suivre cette pré-prod un mois au plus tard, il faut donc prévoir la réservation du studio bien à l’avance étant donné que, selon la disponibilité de ce dernier, il y aura une attente d’environ 2-3 mois.

Le jour J, de nombreux facteurs peuvent faire perdre du temps au groupe, il faut donc ne pas négliger de petites choses telles que : vérifier que tous les câbles fonctionnent, changer les peaux de batterie et les cordes des guitares (bien que celles-ci ne doivent pas être trop tendues durant l’enregistrement).

Une fois l’enregistrement réalisé, vient le moment du mixage qui va équilibrer le tout. Il est alors possible de choisir un ingénieur spécialisé dans l’esthétique recherchée ou alors, au contraire, de lui laisser une certaine liberté, ajoutant une touche différente à l’album. Il va donc faire une proposition au groupe, en remettant en place les instruments et parfois en enlevant certains moments qui selon lui gâchent le morceau. Le groupe doit ensuite donner un retour collectif. L’idéal selon Hugo Nicolet est qu’un membre ayant une vision globale du projet soit présent avec l’ingénieur afin d’écouter le morceau en même temps que lui et d’en discuter.

Le temps accordé au mixage dépend du morceau en question mais prend généralement du temps.

En théorie, un bon mixage se suffit à lui-même, mais parfois cette étape est suivie de celle du mastering.

Pour cela, le technicien, le même qui s’est occupé du mixage, ou une oreille extérieure n’ayant pas participé au projet, n’a pas besoin d’être en studio: le fichier lui est envoyé numériquement en format stéréo gauche/droite. Il va alors renforcer les couleurs de l’enregistrement, recorriger certaines fréquences (en apportant de la clarté aux aigus et de la profondeur aux basses), rajouter de la réverb et faire en sorte qu’il puisse être lu sur n’importe quelle chaîne. Il va aussi faire en sorte que le nom du groupe s’affiche lorsque l’on lance le morceau, régler sa fin, et le temps entre chaque morceaux.

Le prix de l’enregistrement au studio du Camji est de 50€/heure, sachant que la prise de son de 4 morceaux peut être faite dans la journée si le groupe s’y est bien préparé.

Contact : studios@camji.com
http://www.camji.com/studios/descriptif-des-studios-tarifs

Rédigé par Théo et Mary-Lou.

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