Les Sound Reporters ont eu l’opportunité de découvrir le Chantier des Francos le 17 mai dernier afin d’interviewer artistes, techniciens, organisateurs… A cette occasion, ils ont notamment pu observer un filage d’Octave Noir et l’interviewer. 

Sound Reporters : Pourquoi avoir repris à votre façon « Le Temps des Cerises » ?

Octave Noire : On l’a repris, car pour moi, c’est un morceau qui a besoin d’un texte fort et j’ai pensé au Temps des Cerises pour la notion d’espoir en des jours meilleurs et d’amour possible qu’il véhicule. Il y a plusieurs niveaux de lecture dans cette chanson française qui date des années 1870 du temps de la Commune de Paris. C’est une très belle chanson, la mélodie s’est posée sur les paroles; c’est venu sans réfléchir et on l’a gardée.

Sound Reporters : À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?

Octave Noire : Je trouve que la période actuelle a beaucoup d’inconvénients, ce n’est pas l’idéal mais malgré tout, on a beaucoup de chance de vivre ici, en France, avec la vie que l’on mène. Je pense qu’il n’y a pas de période plus facile. Évidement ce n’est pas le cas de tout le monde, mais que ce soit au niveau de la santé ou de l’alimentation, on a beaucoup de chance. Dans d’autre pays, le quotidien n’est pas le même. En ce qui me concerne, aujourd’hui, c’est bien.

Sound Reporters : Trouve-t-on beaucoup de néons chez vous ?

Octave Noire : Non il n’y en a pas chez moi !

Sound Reporters : Le noir est une couleur à laquelle vous semblez très attaché, est-ce lié à votre part d’ombre ?

Octave Noire : Il doit y avoir un peu de ça oui ! Le nom du projet a découlé de la musique, et celle-ci dégage quelque chose d’assez sombre, dans laquelle je m’exprime.

Sound Reporters : Quand on parle de musique électro le public s’attend le plus souvent à entendre des choses dansantes. Quelles sont les réactions de votre public habituellement ? Une anecdote à nous raconter ?

Octave Noire : Je pense que ce qui plaît au public avec l’électro, c’est le mélange de sons électroniques et le côté orchestral qui n’est pas si courant que ça. Pour l’anecdote, toutes les parties orchestrales sont jouées par un ordinateur car on a ni les moyens ni la place d’avoir un orchestre sur scène. Mais avec une association culturelle, on est en train de monter un concert avec un vrai orchestre symphonique où l’on pourra mélanger le côté acoustique de l’orchestre et le côté électronique des synthés et des ordinateurs.

Sound Reporters : Vous commencez votre titre « Un nouveau monde » par cette phrase : Cent millions d’années / Une seconde / Une éternité / Pour faire un monde / Cent millions d’années / Une seconde / Une éternité / Un nouveau monde. Où trouvez-vous votre inspiration, quelles sont vos conditions idéales pour écrire ?

Octave Noire : Ma source d’inspiration, c’est la musique. C’est vraiment elle qui amène les paroles. J’essaie de me plonger dans la musique et d’en faire ressentir le thème principal et les paroles. C’est toujours dans ce sens là que je travaille, c’est vraiment une démarche de producteur de musique. Pour moi, les conditions idéales, c’est d’avoir beaucoup de temps; être disponible mentalement et se laisser porter par la musique. Il ne faut pas aller la chercher car si on va la chercher, on a du mal à la trouver. Il faut que ça soit naturel.

Sound Reporters : Qu’est-ce que le marteau représente pour vous ?

Octave Noire : C’est un outil pour construire mais aussi un outil pour détruire et c’est cela que j’aimais dans la chanson. C’est qu’on ne sait pas si il est là pour construire ou pour détruire ce qui se passe. Il est en interrogation et nous aussi on ne sait pas.

Sound Reporters : Dans votre album on peut voir que vous vous inspirez de différents artistes, notamment de Gainsbourg avec « La Sainte Nuit ». Quel est l’artiste qui vous inspire le plus ?

Octave Noire : Il n’y en a pas vraiment. J’essaie d’être ouvert à beaucoup de styles musicaux et il n’y a pas un artiste avec lequel je me dis  » C’est lui qui m’a inspiré « . Mais il est certain que j’ai beaucoup écouté Gainsbourg et Jacques Higelin mais j’adore aussi Goldman et Balavoine. Il n’y a pas de règles, il faut rester ouvert à tous les styles.

Sound Reporters :  Quel son fait briller vos yeux ?

Octave Noire : Bonne question, il y en a plein mais je dirais le son de mon piano.

Interview réalisée par Margaux, Julien, Charlotte et Nathan. Photo: Marylou et Margaux.

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